Ils ne sont pas très confortables et ils craquent de partout. N’empêche, vous êtes pris de nostalgie à chaque fois que vous vous asseyez dans un de ces bons vieux trains régionaux. Vous aimez ces interminables voyages à travers les plaines d’Aquitaine. Sans parler de la promiscuité érotique, sur ces grandes banquettes communes. A tout ça, il va falloir dire adieu. Pour le meilleur et pour le pire, ces vieilles rames toutes taguées sont appelées à être remplacées et l’ensemble du réseau TER à être “modernisé”. L’arrivée de la LGV en 2016 n’est pas seule en cause. Explications en 4 points.
Les voyageurs qui ont pour habitude d’acheter leur billet de train à la dernière minute se mordaient les doigts ce matin. Trois guichets, seulement, étaient ouverts à la gare pour cause de grève du personnel préposé à la vente. Au milieu de la foule, deux agents réorientent les clients : tous ceux qui possèdent une carte bleue ou assez de monnaie sont dirigés vers les automates.
Les poids s’entrechoquent. L’odeur est marquante, saisissante. Les murs en sont imprégnés. Des litres de sueur ont été versés dans la salle depuis son ouverture en 1923, et ça se sent.
La salle de musculation de la SNCF est l’une des plus vieilles de la ville. Cheminots et non cheminots s’y côtoient, s’y croisent. Et soulèvent de la fonte ensemble. Certains sont là pour s’entretenir physiquement et ne pas perdre la forme. D’autres viennent dans une optique plus sportive et s’adonnent aux joies de l’haltérophilie.
Plongée dans l’univers de ces gros bras… mais, pas seulement. Au milieu de corps masculins bodybuildés moulés dans des combinaisons en lycra, quelques femmes osent parfois pousser la porte du gymnase. Comme les hommes, elles viennent essentiellement pour la convivialité des lieux.
Bordeaux possède un Sacré-Cœur. Une église, place du Cardinal Donnet, avec deux clochers et deux horloges. L’une affiche l’heure en chiffres romains et l’autre est plus originale, avec un cadran allant de zéro à vingt-trois. Les jours où il ne pleut pas, on peut croiser sur la place, au pied de l’édifice, d’anciens cheminots amateurs de pétanque. Yvon Leonet est de ceux là. A 86 ans, il aime raconter qu’il est à la retraite depuis cinquante ans. « J’ai autant de service actif à la SNCF que de retraite », confie-t-il. Lire la suite…
Au bout du quai n°1, une cahute innocente. L’ancienne lampisterie de la gare cache l’accès à un bunker. Un couloir en coude, une pièce, puis une autre. Un dédale de béton plongé dans le noir depuis 1945. Ici, personne n’a mis le pied depuis bien longtemps.
« Chez nous, tout le monde est cheminot », résume Thierry Vergne. De l’aiguilleur au directeur des ressources humaines, du vendeur de tickets au conducteur, pour ce responsable de l’agence de recrutement de la SNCF (*), le « cheminot » est simple à définir : il est tout simplement salarié de la SNCF. Lire la suite…
Objet trouvé, objet archivé. A la gare Saint-Jean, le moindre portefeuille ou chapeau trouvé est acheminé au local d’Emmanuelle et Alina. Dans leur pièce unique de 30 m2, elles entreposent, trient. Et s’autorisent à imaginer qui se cache derrière ces petites choses ordinaires, voire très surprenantes… Si personne ne vient les réclamer après trois mois, elles sont données à l’association “Stop Misère” ou détruites.
Reportage de Laure Dautriche, Clément Le Goff et Florent Pecchio.
Signé, pas signé ? Le protocole d’accord sur le financement de la future ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique est décidément un feuilleton à épisodes. Jeudi 20 novembre, une énième réunion s’est tenue à l’hôtel préfectoral de la Gironde, en présence de tous les protagonistes : Dominique Bussereau, le secrétaire d’État aux transports, Hubert du Mesnil, le président de Réseau ferré de France (RFF) et les représentants des 55 collectivités - notamment Alain Rousset et Martin Malvy, présidents des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées - concernées par cette histoire de gros sous. Résultat : un nouveau désaccord sur les modalités, et un ultime contretemps. Car ce financement, le plus important d’Europe en terme d’investissement, se révèle être une véritable usine à gaz. Ruesdelagare se propose de le décrypter.
LGV SEA, puisque tel est son nom intégral, ça veut dire Ligne à Grande Vitesse Sud-Europe-Atlantique. Sous ce nom barbare se cache une réalité toute simple : des trains qui vont vite. 320 kilomètres/heure exactement, ce qui mettra Bordeaux à 2h05 de Paris. Au lieu de 2h55 actuellement, voire 3h40 pour certains TGV. Cousine des LGV est-européenne et méditerranée inaugurées ces dernières années, la LGV SEA compte surfer sur la vague de succès – au moins commercial – de ses devancières. Mais si une LGV apporte indéniablement des avantages, elle pose également nombre de questions. Ruesdelagare les décortique. Lire la suite…
Le train de 14h46 doit partir de Bordeaux pour Agen. Mais il est en retard. Sur le quai numéro 8, les visages des quelques voyageurs expriment leur impatience. Lire la suite…