Mardi 9 décembre, 11h35, Alain Juppé nous reçoit dans son bureau, pour un entretien d’une trentaine de minutes. Tout juste le temps d’évoquer les dossiers importants traités dans ruesdelagare. Quelques photos détendues devant l’immense toile qui orne le mur. Dehors, les lycéens manifestent et se font bruyamment remarquer.
Mardi soir, au CAPC, des architectes heureux présentent cinq projets merveilleux qui vont voir le jour à Bordeaux et dans son agglomération. Parmi eux, celui de l’îlot Saint-Jean et de l’îlot Armagnac. La principale difficulté est de ne pas créer une bulle de richesse dans un monde de précarité. Pour le mettre dans leurs mots, faire que ces bâtiments soient une cerise sur le gâteau, et pas « un champignon sur une tarte aux fraises ».
Autour de la table, au milieu des architectes et des urbanistes, un sociologue, Patrick Baudry. Il est enthousiaste. Il souligne la pertinence de ces projets, leur modernité. Leur « plus-value sociale et culturelle ». Mais en sortant de la conférence, lorsqu’il se retrouve seul, son discours est moins assuré. Une brèche est apparue, poussée là comme un champignon : il doute, l’espace d’un instant.
>Didier Moga ira sans regret s’installer dans l’îlot Armagnac. (Photo : A.B.)
« Sans ce projet, je ne me serais pas installé ici. » Il est toujours des commerçants mieux informés que d’autres. Ceux qui ont les bons contacts, ont un réseau… ou un nom. Didier a racheté la pharmacie de la place Ferdinand-Buisson l’an dernier. Son nom ? Moga, comme le maire adjoint du quartier Bordeaux Sud. Évidemment ça aide pour se tenir au courant des projets à venir.