Soixante ans qu’Annie Trély vit ici. Son quartier elle l’a connu à toutes les sauces. Vivant et empli de commerces ou désert et mal famé. Elle nous emmène dans les rues du Belcier de son passé.
Mardi 9 décembre, 11h35, Alain Juppé nous reçoit dans son bureau, pour un entretien d’une trentaine de minutes. Tout juste le temps d’évoquer les dossiers importants traités dans ruesdelagare. Quelques photos détendues devant l’immense toile qui orne le mur. Dehors, les lycéens manifestent et se font bruyamment remarquer.
Les voyageurs qui ont pour habitude d’acheter leur billet de train à la dernière minute se mordaient les doigts ce matin. Trois guichets, seulement, étaient ouverts à la gare pour cause de grève du personnel préposé à la vente. Au milieu de la foule, deux agents réorientent les clients : tous ceux qui possèdent une carte bleue ou assez de monnaie sont dirigés vers les automates.
Huit serpillères étalées au rez-de-chaussée et au sous-sol, une zone quadrillée pour les clients, avec cette inscription : “Attention aux travaux : veuillez respecter le périmètre de sécurité mis en place”. Un trou dans le sol ? Un passager malade ? Rien de tout ça, juste la pluie. Quelques gouttes qui passent à travers le toit vétuste de la gare. Mais la SNCF déploie les grands moyens. «C’est pour éviter que les gens glissent », nous dit-on.
Il est quatre heures du matin, Cyril finit sa journée. Toute la nuit, il l’a passée à nettoyer le sol souillé par les va-et-vient des voyageurs de la gare Saint-Jean. Il termine son service, la bâtisse s’éveille. Le Relay, L’Entretemps et les usagers de la SNCF commencent doucement à vaquer à leurs occupations.
Actuellement, 416 taxis sillonnent Bordeaux et sa communauté urbaine. La gare est un endroit stratégique pour eux. Face aux travaux, beaucoup adaptent leur façon de travailler. Ils doivent patienter jusqu’à fin 2009.
Je lis, tu lis, il lit, nous lisons tous à la gare en attendant le train. Ce lundi, ils étaient une dizaine sur le quai ou dans le hall à patienter en feuilletant… un simple roman, Télé Loisirs, Cosmopolitan ou même un bel ouvrage de voyage. Tous les goûts sont dans les livres.
Les oreillettes se font discrètes mais elles savent se rendre indispensables. Rien ne vaut sa propre musique pour s’isoler du bruit ambiant de la gare. Après une première immersion dans la musique des voyageurs masculins, petits extraits des playlists féminines. A écouter leurs morceaux, on apprécie que certaines portent un casque.
La mission, si vous l’acceptez, est de rejoindre l’Etap Hotel depuis la sortie de la gare. Les travaux et leurs créatures fantastiques se dressent face à vous pour perturber votre parcours. Bon courage.
Quand on attend un train, rien n’est plus énervant que l’incessante voix SNCF qui annonce l’arrivée, le départ ou le retard des trains… Le remède efficace : s’enfermer dans sa bulle, casque vissé sur les oreilles pour écouter sa musique, sa playlist pour le voyage. Premiers petits extraits de ces jardins secrets, piochés auprès des voyageurs.
Damien patiente quai n°1 avec l’album live de Daft Punk