Saint-Jean ouvre ses portes

21:42 Les gens

Derrière la gare, à l’ombre des barres de l’îlot Saint-Jean, se trouvent de discrètes ruelles aux échoppes bien bordelaises. On y croise de vieux habitants, les anciens du quartier : ils sont inquiets. Pourtant, la plupart des nouveaux arrivants n’a pas de quoi s’effrayer : des jeunes couples qui profitent des prix de l’immobilier et des facilités de transport apportées par la gare pour s’installer.

> Céline et Despérados

Quand on sonne chez Céline, la première chose que l’on entend, ce sont des aboiements. Despé, un rottweiler de 8 mois, accueille les visiteurs à la porte. L’odeur dans le couloir confirme la première impression, c’est un peu le maître des lieux. Dans la cour, puis la cuisine, les traces de passage de l’encombrant compagnon sont partout. « C’est un peu le foutoir, je suis sortie et mon chien a tout mis sens dessus dessous. » explique Céline. « Là, il vient de bouffer mon chèque de caution, ça c’est un chien rentable», plaisante-t-elle.

Sur la table de la cuisine, des allumettes, des bouts de carton, des torchons s’entassent. Despé est dans la cour mais elle veut participer à la conversation, elle gratte à la porte, aboie, gémit et se dresse pour presser la poignée de la porte vitrée. A 23 ans, la jeune factrice vit dans le quartier de la gare Saint-Jean depuis un an, et avec un colocataire depuis quelques mois. Pas le grand amour, semble-t-il. Même si elle n’y connaît pas grand monde, son quartier, elle l’aime bien : calme, facile pour voyager, et surtout la possibilité d’avoir, enfin, un grand appartement avec une cour intérieure.

> Titouan, Delphine et Elia

Delphine et son mari incarnent ces jeunes familles récemment installées dans le quartier. Lui profite de la proximité de la gare pour effectuer rapidement des allers-retours à Paris, tandis que Delphine, en congé maternité, élève ses enfants. Propriétaire depuis 2002, le couple a scolarisé ses quatre enfants dans le quartier, ce qui facilite grandement son intégration sociale.

> Nicolas, rocker à Saint-Jean
> Nicolas, rocker à Saint-Jean

Derrière la porte d’un immeuble Art-déco, Nicolas écoute de la musique. « Du rock, du punk rock, de la country, du garage, du blues…», confie-t-il d’un air passionné, la liste est longue. A l’intérieur, tout est bien rangé, agréable à l’œil, le mobilier est design. Dans les bibliothèques qui recouvrent les murs du salon, des centaines de vinyles s’entassent, soigneusement rangés. « On a réuni nos deux collections avec ma femme. On n’a déjà presque plus de place», regrette-t-il.

Quant au quartier, il ne l’intéresse pas vraiment. Il préfère raconter ses voyages : Amsterdam, New-York, Austin, San Francisco… Nicolas est un passionné des Etats-Unis, un sujet sur lequel il est intarissable. La vie de quartier, lui et sa femme n’y participent pas, ou peu. «On a quarante ans, pas de gamin… Peu de relations avec le voisinage.» Parfois ils se rendent service avec la voisine octogénaire qui vit à l’étage. Propriétaires depuis deux ans, le couple estime avoir réalisé une bonne affaire en quittant Saint-Michel pour venir acheter près de la gare. C’est sa femme Janique qui a trouvé ce petit « cocon ».

Isabelle Halliez et Stéphane Raes

Un commentaire
  1. nicolas :

    Date: 3 décembre 2008 @ 23:04

    Très sympa. Vous avez bien résumé l’agréable moment que j’ai passé avec vous.
    nicolas

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