Quartier d’affaires : et ailleurs ?

21:54 Dossier : LGV et pôle d'affaires

Peut-on lire l’avenir d’Euratlantique à travers les quartiers d’affaires des autres villes de France ? Les exemples de Poitiers, Le Mans et Lille montrent que le projet urbanistique, mais surtout le calendrier de construction et d’installation d’entreprises, déterminent le succès de ces pôles d’activités.

> Le quartier de la gare de Poitiers a été transformé (Photo DR)

3500 m2 de bureaux sur sept étages, le tout situé à 1h30 de Paris. Sur le papier, l’immeuble de bureaux de Poitiers a de quoi séduire. Mais quelques mois après son ouverture, il est loin de faire le plein : « Il y a une seule entreprise installée, on nous dit qu’il y a d’autres candidats. Ce seraient des administrations et pas des entreprises privées », explique Jean-Jacques Boissonneau, journaliste à La Nouvelle République.
Construit dans le cadre d’une restructuration du quartier de la gare, l’immeuble fait partie de l’espace Toumaï, incluant un parking de 700 places et un centre de conférences. « On voulait profiter des deux millions de voyageurs drainés chaque année par la gare », décrit Mathias Aggoun, directeur de cabinet du maire.
Le pôle, construit par une société mixte d’économie réunissant fonds privés et publics, a été ensuite revendu à un promoteur : « Si on n’avait pas fait cela, aujourd’hui, c’est la collectivité qui supporterait ce problème, poursuit Mathias Aggoun. Désormais, ce n’est pas un problème financier mais ça peut devenir un problème politique. »
Après l’euphorie de la période de construction, place donc au désenchantement. La crise aura-t-elle raison du centre d’affaires poitevin ?

Le pôle d'affaires du Mans est un succès.
> Le pôle d’affaires du Mans est un succès. (Photo DR)

Au Mans, le quartier d’affaires Novaxis est un succès qui dure : vingt ans après l’arrivée du TGV en centre ville, qui a mis la ville à moins d’une heure de Paris, le quartier de la gare sud affiche fièrement sa réussite : 75 000 mètres carrés de bureaux, 80 entreprises, 2800 salariés. La mutation du quartier de la gare a commencé en 1989 et ce n’est pas fini.

Avec l’arrivée du tramway il y a un an, le technopôle connaît un nouvel essor. Le quartier d’affaires ne cesse de s’agrandir. Les Mutuelles du Mans assurances, après avoir envisagé de quitter la ville, construisent un nouveau siège. Face à la gare sud, une tour de verre ultramoderne accueillera bientôt les 3600 salariés du groupe. D’autres  bureaux sont en construction et accueilleront bientôt les filiales de Philips ou encore du Crédit Agricole. Avant Noël, 7 500 m² supplémentaires doivent être terminés. La ville, traditionnellement ouvrière, a développé son secteur tertiaire et attiré les cadres. Ou quand l’effet TGV profite vraiment à l’économie.

> La “chaussure de ski”, fer de lance d’Euralille, quartier d’affaires de Lille (Photo DR)

Euralille, Euratlantique…. même préfixe, même destin ? Le quartier d’affaires de la capitale des Flandres est aujourd’hui un succès à la mesure du carrefour de l’Europe du nord. Il s’étend sur près de 110 hectares et comprend plus de 740 000m² de planchers associant bureaux, activités tertiaires, commerces, logements et équipements. Inauguré en 1994, il est aujourd’hui le troisième quartier d’affaires de France après La Défense et La Part-Dieu. Comme pour Bordeaux et la LGV, il fut pensé avec les progrès du rail. Relier Londres, Cologne ou Paris en moins de trois heures représentait l’opportunité tant attendue par les institutions lilloises. A la barre, Pierre Mauroy. Au début des années 90, il porte à bout de bras son projet. La construction était déjà bien avancée que plusieurs milliers de m² de bureaux n’étaient pas encore vendus. A l’époque, Pierre Mauroy fait appel à ses réseaux pour assurer la pérennité du quartier. L’espace est là, les immeubles s’élèvent vers le ciel, et les infrastructures sont opérationnelles.

Actuellement, la cinquième tour d’un des bâtiments est tout juste en train d’être terminée. Cette partie restée béante jusqu’alors, faute de locataires, disait l’ambition excessive - du moins au début - des décideurs de la ville nordiste.  Après 2000, le quartier décolle. Des hôtels se construisent, le Conseil régional lance l’érection d’un beffroi de verre et d’acier, un casino verra le jour en 2009. Aujourd’hui, la “chaussure de ski” se fond dans le décor d’une véritable city.

Isabelle Halliez, Géraldine Houdayer et Antoine Delpierre

Un commentaire
  1. Clembdx :

    Date: 22 mars 2009 @ 23:33

    Je réagi sur le paragraphe de Poitiers, il faut dire que Poitiers ce n’est pas Bordeaux, c’est 2 à 3 fois plus petit. De plus lorsque Euratlantique seras fini Bordeaux ne sera plus qu’a 2h de Paris.

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