Mairie et police impuissantes

20:28 Sur le trottoir

Contrairement à ce qui se passe à Lyon, mairie et forces de police peinent à coordonner leur action sur la prostitution à Bordeaux. Entre interdiction et surveillance discrète, les garants de l’ordre public laissent le phénomène se concentrer sur Belcier. Un espace restreint laissé à l’abandon.

Une trentaine de filles exerce chaque jour, confinée entre les quais et la place Ferdinand Buisson. Le sociologue, Philippe Guillemet, spécialiste de la prostitution, explique : « Elles désertent les rues où passe le tramway et préfèrent rester dans la zone non rénovée. Du coup, elles se battent pour avoir assez de mètres carré chacune ». En janvier 2008, le maire Alain Juppé a interdit par arrêté municipal les fourgonnettes dans tout le quartier. Mais le 26 octobre dernier, un nouvel arrêté municipal autorise leur retour quai de Paludate et sur les trois boulevards avoisinants.

Pour le sociologue Philippe Guillemet, ce va-et-vient politique « montre aux habitants que le maire se soucie d’eux. C’est symbolique. En fait, il est impuissant. Il ne sait pas comment gérer ». Du coup, difficile pour la police d’asseoir son autorité sur le terrain. Francis Rota, commissaire divisionnaire de la sûreté départementale, s’inquiète de ce retour en arrière : « La lisibilité de l’action du maire est assez difficile. Le premier arrêté municipal contribuait à stabiliser et à limiter les nuisances ».

La mairie et la police ont des difficultés à s’accorder. Dans d’autres villes, c’est différent. A Lyon, quatre arrêtés municipaux depuis 2000 sont appliqués à la lettre : « La force publique envoie à la fourrière les camionnettes de manière systématique et contrôle fréquemment les papiers des prostituées ». Philippe Guillemet pense que : « A Bordeaux, elle est loin de se mobiliser de manière effrénée ».

Elle a baissé les bras

Depuis le début de l’année à Bordeaux, elle a engagé 368 procédures pour racolage et 15 pour proxénétisme. Dans le quartier, les voitures de police vont et viennent, rue d’Armagnac, quai de Paludate, rue de Son Tay. Denise, prostituée française qui y gare sa camionnette chaque matin, est rarement embêtée : « En gros, ils me mettent une amende de 35 euros tous les mois. Ils me disent de partir mais ne m’obligent pas ». Francis Rota, commissaire divisionnaire de la sûreté départementale explique : « On s’arrête  quand le racolage est flagrant, quand il y a des actes de violence ou quand il y a plainte d’un habitant. On les laisse tranquilles si elles exercent dans le respect de l’ordre public. Si on devait s’arrêter dès qu’on en voit une, on s’arrêterait 40 fois par jour ! »

Quand aux filles bulgares, postées rue d’Armagnac, elles ne sont pas vraiment inquiètes quand elles les voient passer :

Seule satisfaction pour les policiers, leur action quotidienne permet cette année de stabiliser la population des prostituées bulgares : « dix éléments en moins ». Dérisoire quand on sait que les associations bordelaises rencontrent environ 500 prostituées chaque année.

Christelle Juteau et Virginie Wojtkowski

Un commentaire
  1. Crin Blanc :

    Date: 4 décembre 2008 @ 15:19

    Bien ;

    il faut maintenant obtenir l’avis du maire ( le Maire, pas le représentant du quartier sud)

    La Police ne sait plus ce qu’elle doit faire faute de directives précises..on ne va pas tout de même demander au Président de trancher ce problème local .

    Heureux Lyonnais: LGV en place, centre d’affaires réalisé, équipe de foot championne de France, politique volontariste contre la prostitution….que du bonheur.

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