La résurrection de Saint-Jean

13:51 Place Ferdinand-Buisson
> La future église Saint-Jean de Belcier dessinée par son architecte, Denis Boullanger.

Au lendemain de l’incendie de mai 2004 qui a ravagé l’église Saint-Jean de Belcier, tous les acteurs concernés étaient unanimes : une nouvelle église devait être reconstruite. Le diocèse étant propriétaire du terrain et des locaux, c’est lui qui a engagé les démarches. Et comme le feu avait pris dans l’entrepôt voisin, c’est l’assurance du propriétaire qui a réglé la facture. D’expertise en expertise, l’indemnisation a été fixée à 740.000€.

Dans le même temps, un concours est lancé. Mi-2005, le projet de Denis Boullanger, architecte bordelais, est choisi. « Parce qu’il avait une bonne connaissance de l’Eglise, que son projet n’était pas plus cher que les autres et, enfin, parce qu’il était le plus osé ! », confie Dominique Missègue-Delmas, chargé du patrimoine immobilier du diocèse. Denis Boullanger est en effet catholique pratiquant et animateur liturgique dans sa paroisse de Saint Amand de Caudéran. Il a aussi une solide expérience de restauration d’édifices religieux et de monuments anciens. Sa signature accompagne, par exemple, la rénovation de la colonne des Girondins ou la fontaine des Trois Grâces, place de la Bourse.

Rien n’est trop beau pour cette église, qui sera L’édifice religieux du XXIème siècle pour le diocèse de Bordeaux. Ou tout du moins le premier du nouveau millénaire. Le diocèse avance aussi la volonté, si ce n’est le devoir, de l’Eglise catholique d’accompagner l’avenir de ce quartier en mutation. « Comme tous les autres quartiers de banlieue », précise Dominique Missègue-Delmas.

L’épineux choix du terrain

Encore fallait-il délimiter le terrain qui allait accueillir la nouvelle construction. En fait, certains paroissiens voulaient en profiter pour transférer la nouvelle église à Bègles, le quartier Belcier appartenant à la paroisse  de Bègles. D’autres, nostalgiques, préféraient la reconstruire sur le même terrain, autour de la place Ferdinand Buisson. Certains avaient même souhaité, en plus, que l’église soit refaite à l’identique. Dans les années 1950, ce sont les paroissiens eux-mêmes qui avaient mis la main à la pâte pour bâtir l’édifice ici même, et ça a marqué les esprits.

Du côté des collectivités locales, mairie et CUB, on aurait souhaité voir le lieu de culte pousser du côté de l’îlot Armagnac et de l’arrêt du tramway. Et ainsi racheter le terrain du diocèse.

Le diocèse, lui, dit avoir été « entre les deux ». Entre le respect du choix des paroissiens, attachés à maintenir ce lieu au cœur du quartier, réalisé par et pour les gens d’ici, et les envies de la mairie, il a fallu choisir. Nous étions à la fin de l’année 2006. Dominique Missègue-Delmas aime à dire que le diocèse a  opté pour le choix des paroissiens. Tout du moins dans l’emplacement. « Et puis, avec la mairie, ça aurait mis encore plus de temps. »

Le temps qui coûte

Car depuis l’incendie, le temps joue en défaveur du diocèse. Chaque année, le coût du chantier a augmenté de 6%. 1.100.000 €, c’est le prix global de la construction. Pour faire la rallonge entre l’indemnisation de l’assurance et cette facture, la paroisse a vendu deux biens immobiliers inutilisés.

Le projet présenté par Denis Boullanger à la fin 2006 a été ré-étudié, le coût, revu à la baisse. Le feu vert du diocèse a été donné six mois plus tard. L’appel d’offres a été lancé et les marchés ont été signés avec les entreprises en janvier-février dernier. En février 2008, la première pierre est posée.

Au printemps prochain, la nouvelle église Saint-Jean de Belcier devrait accueillir les paroissiens et les curieux. Une livraison avait bien été envisagée pour Pâques, mais elle ne pourra pas être respectée. Le chantier a pris du retard. La symbolique de la résurrection, pourtant, eût été belle.

Elodie Morisset

A lire notre dossier sur la nouvelle église Saint-Jean de Belcier :

Le récit de l’incendie par Denise Pérusseau, la mémoire du quartier.

Les paroissiens discutent de l’architecture de l’église, à la sortie de la messe.

Le baptistère aux allures de clocher expliqué par l’architecte (vidéo).

Les travaux ont pris du retard, on attend toujours la toiture.

Le chantier commenté par les ouvriers.

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