La LGV et l’emploi, beaucoup de bruit pour rien

17:43 Dossier : LGV et pôle d'affaires

Ellgévé, Ellgévé !
Plébiscite, standing ovation. Conseil régional, conseil général, CUB, mairie, toutes les collectivités se sont mises au diapason. « Et c’est rare ! » rappelle Martine Domecq à la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie (CRCI). Dans un accord parfait, elles scandent que la ligne à grande vitesse, c’est bon pour Bordeaux, et c’est bon pour le quartier. Mais il y a des couacs.
Son impact sur l’emploi par exemple.
En février dernier, lors de la campagne municipale, Alain Juppé promettait la création de 6 000 emplois. 10 000 emplois sont prévus dans les papiers de RFF , 15 000 selon la CUB et la CRCI… Ces chiffres sont basés sur ceux des LGV existantes : Euralille à Lille, la Part-Dieu à Lyon, Euroméditerrannée à Marseille… qui revendiquent la création de 5 à 15 000 emplois, sans préciser toutefois s’il s’agit de créations pures, de délocalisations, ou de relocalisations. Habile diversion. Et, ce qui ajoute à l’optimisme ambiant, d’ici vingt ans, la gare ne recevrait plus 8 millions de voyageurs comme c’est le cas aujourd’hui, mais 20 millions. Cela boosterait les commerces existants.
C’est beau, ces zéros.
Mais alors que le chômage fait une entrée remarquée dans l’actualité, à la CUB, on met la sourdine. « C’est un avant avant avant projet », « rien n’est planifié » laisse échapper Delphine Bollard chargée de mission au service du développement économique. On ne sait rien. Et selon Vincent Morin, du Parti communiste, « à la CUB, on n’entend jamais parler de la question de l’emploi dans le dossier LGV ». Dissonance. Céline Simon, secrétaire du comité d’établissement de la CGT cheminots, souligne elle aussi l’illusion d’optique. Pas de création d’emplois, mais seulement des délocalisations d’emplois. Pas de gain en voyageurs, mais un transfert de l’aérien vers le ferroviaire. Alors, rien ? Peut-être même moins que rien. Pour construire le pôle d’affaires et ses tours des miracles, les abattoirs situés sur les quais de Paludate vont être détruits : les employés devront trouver du travail ailleurs.
On comprend mieux que les discussions se poursuivent dans les couloirs et que l’on ne fasse plus sonner le clairon.

Jessica Thomas

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