Escales à l’Espérance : jours de foot

18:26 Hôtel de l'Espérance


« Pas des Colombiens, pas des Péruviens, pas des Argentins… » Marie se prend la tête à deux mains et cogite. « Ils parlaient espagnol. Ils venaient d’Amérique du Sud. » Elle s’énerve quand soudain, Eurêka ! «Des Chiliens ! Voilà, c’était des Chiliens ! »

Ah ! La coupe du monde de foot 98. Quel souvenir ! Sur le gros buffet du salon, Roger a gardé le ballon “Footix”, la mascotte de l’événement. À l’hôtel, les soirs de match attirent parfois de nouveaux pensionnaires pour une ou deux nuits. Des clients différents de ceux qui vivent ici au mois.

Aucun supporter n’est venu mercredi pour Chelsea - Bordeaux. Pas de client de passage, mais il y a un mari à la maison qui va au match. « Ces soirs-là, ce ne sont pas des soirées tranquilles, soupire Marie entre deux portes. Je dois préparer le dîner plus tôt ! »

La chambre de six

« Les Chiliens étaient vraiment sympas. Mon fils Ludovic les baladait dans Bordeaux. Ils se sont cotisés pour lui payer une place pour un match. » Faut dire qu’il les a trimballés dans deux ou trois quartiers… et dans pas mal de troquets. « Ils rentraient tard en faisant du bruit. Ludo aussi d’ailleurs… »

Elle a gardé un Polaroïd de ses drôles de pensionnaires. Un petit bracelet est attaché par un trombone à la photo. Cadeau. « Ils ont pris deux chambres. Un tout seul, les six autres ensembles dans une petite pièce. J’ai dû ressortir des matelas de la cave pour eux. »

Elle sourit en se mordant la lèvre : « Le matin, il y avait un de ces bazars ! Des vêtements, des chaussures, des draps… Je rangeais comme je pouvais : je glissais les matelas sous les lits pour dégager l’espace mais en rentrant le soir, ils devaient perdre un temps fou pour retrouver leurs affaires. »

Le kilt écossais

Une semaine de tourisme pour les copains du Chili. « Ils ont dû dépenser un fric fou en France. À la fin du séjour, deux d’entre eux n’avait plus un radis. Leurs copains leur ont laissé un peu d’argent mais pas grand chose. Le jour de leur départ, on leur a même fait un petit casse-croûte pour midi. Je ne sais pas comment ils ont fait pour prendre le train. »

En onze ans, des Anglais sont venus, des Italiens sont passés. « Partis tôt, rentrés tard. Finalement, on ne les voyait pas beaucoup. » Marie se souvient d’un Écossais. Elle comprend un peu l’anglais, son fils le parle très bien. « Un gaillard adorable. Un jour, un peu pompette, il s’est laissé prendre en photo par mon fils. En kilt devant la gare. » Elle rigole : « Disons que sous le kilt, il n’y avait pas grand chose.»

Anthony Hernandez et Pierre Saulnier

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