Euratlantique : les dates clés

13:18 Dossier : LGV et pôle d'affaires
> Le projet TGT propose d’installer deux tours, symboles du quartier d’affaires.

Depuis vingt ans, Belcier vit au rythme des projets échafaudés pour la gare Saint-Jean. L’effet TGV tant attendu en 1990 n’a pas eu lieu, celui de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) et de son hypothétique quartier d’affaires sera-t-il positif ou destructeur pour le quartier ? Difficile à dire à l’heure où les beaux discours ne se sont toujours pas transformés en actes. Retour sur un projet qui n’est définitivement pas à vitesse supersonique.

30 septembre 1990. Le premier TGV Atlantique reliant Paris à Bordeaux en trois heures entre en gare. Le journal régional de France 3 parle déjà de l’extension de la ligne vers l’Espagne. Tout le quartier s’attend alors à de profondes transformations. Le TGV est perçu comme l’élément déclencheur d’un développement urbain aussi redouté qu’attendu. Dix-huit ans plus tard, les habitants n’ont toujours rien vu venir.

1er avril 1992.
Le projet LGV Sud-Europe-Atlantique appartient désormais au schéma directeur national des liaisons à grande vitesse.

18 octobre 1995. Dans le journal Sud Ouest, le constat est amer pour le quartier. Philippe Bolopion signe un article intitulé “Le Sud maudit” : « Vieillissement, chômage et manque d’équipement sont partagés par les deux faces d’un même quartier qui a manqué sa reconversion industrielle à Belcier… »

1999 – 2005. Le projet LGV prend forme. Des études sont lancées. En 2005, Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, annonce le lancement de l’appel d’offres pour février 2007. Finalement, il sera effectif au début de cette année.

Début 2006. Bordeaux se lance dans la course. La mairie et la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB) commandent une étude aux urbanistes Treuttel-Garcias-Treuttel (TGT). Objectif : repenser le quartier en fonction de l’arrivée de la LGV. Pour le moment, les collectivités locales avancent ensemble.

Octobre-novembre 2006. Le centre d’affaires s’invite dans le débat public lors de la municipale partielle qui va voir le retour d’Alain Juppé aux… affaires. Les deux candidats Alain Juppé (UMP) et Jacques Respaud (PS) en font un projet de campagne.

Mars 2007. Le conseil est à la mode et la mairie et la CUB en ont besoin. Ils demandent au cabinet lyonnais Ernst&Young de déterminer la viabilité économique du projet d’un quartier d’affaires. Coût du conseil ? Plus de cent mille euros.

30 avril 2007. Présentation de l’étude TGT par l’urbaniste Jean-Claude Garcias. Le projet se nomme alors “Euro Bordeaux”. Alain Juppé présente l’étude comme « un avant-projet […] qui n’engage personne », mais qui a pourtant déjà coûté 203 900 euros hors taxes. L’étude urbanistique est résumée en cinq points par ses créateurs : « un centre d’affaires accessible à pied depuis la gare, une libération des quais, deux tours qui signalent la modernité de la ville, un poumon vert, et de nouvelles articulations entre Bordeaux et Bègles .»
Le projet, ambitieux, regroupe 160 000 m² de bureaux, 2000 logements, 53 000 m² d’équipement et 38 000 m² d’activités diverses. Surtout, la mairie souhaite présenter un projet définitif avant la fin 2007 même si la question du financement n’a pas encore été abordée.

Novembre 2007. Remise de l’étude Ernst&Young. Pour les experts lyonnais, le projet est viable à une condition, il faut générer une « grande ambition collective ». Belles paroles, difficiles à mettre en place à quelques mois des élections municipales. Et pourtant, de l’ambition, Ernst&Young en a à revendre pour Bordeaux, puisqu’il envisage une surface de 200 000 m² exploitable, ce qui représente 6 % du parc immobilier tertiaire de la ville.
Le cabinet, s’il croit aux qualités du site choisi par TGT, reste sceptique sur les choix architecturaux, notamment sur les deux tours, symboles du projet, mais onéreuses.

2008-2013. Coup d’envoi des travaux à l’îlot Armagnac dont la transformation du secteur  « A » constitue la « première pierre » d’Euratlantique.

Mars 2008. Francis Rol-Tanguy, ingénieur général des ponts et chaussées, est missionné par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Emploi, pour remettre un rapport sur le quartier d’affaires. Il va donner une nouvelle ampleur au projet Euratlantique en l’implantant à Bordeaux mais également à Bègles et à Floirac par la construction du pont Jean-Jacques Bosc. On parle désormais de 500 000 m² de bureaux et d’un million de m² de logements.

> En orange, les sites pressentis pour accueillir le centre d'affaires (crédit CUB)
> En orange, les sites pressentis pour accueillir le centre d’affaires

23 juin 2008. L’Union sacrée autour d’Euratlantique est consacrée lors d’une conférence de presse réunissant Vincent Feltesse (PS), président de la CUB, Alain Juppé (UMP), premier vice-président de la CUB en charge d’Euratlantique et maire de Bordeaux, Noël Mamère (Verts), maire de Bègles, et Conchita Lacuey (PS), maire de Floirac.

15 septembre 2008. Jean-Louis Borloo le confirme, Euratlantique sera une O.I.N, (Opération d’Intérêt National). Principal avantage ? L’Etat, même s’il ne met pas forcément la main à la poche, garantira les travaux engagés. Le projet sera dirigé par un établissement public d’aménagement. Selon Sud Ouest, Alain Juppé en prendrait la présidence. Quant à la date de création du quartier, pour le ministre, c’est pour 2030.

Novembre 2008. Jacques Respaud, conseiller général, vient enfin discuter avec les habitants des bouleversements que vont connaître leur quartier.

Comment Euratlantique sera-t-il financé ? Qu’en est-il des terrains de la SNCF qui sont concernés par le projet ? Quelles entreprises pourraient venir s’implanter dans ce nouveau quartier ? Ruesdelagare mène l’enquête…

Isabelle Halliez

3 Commentaires
  1. Densha Otaku 365 :

    Date: 27 novembre 2008 @ 18:43

    La tour orange près de la Garonne ne serait-elle pas la passerelle Eiffel tant aimé que l’on mettrait en position verticale tel un phare?

  2. Djayls :

    Date: 27 novembre 2008 @ 21:50

    Non, c’est une tour dans laquelle est prévu un hôtel. Pour l’avenir de la passerelle Eiffel, l’ériger à la verticale n’était qu’une idée parmi d’autre mais n’est pas passée à l’état de projet.

  3. Tixerant Paul :

    Date: 1 avril 2010 @ 17:10

    Je pense que la tour signal près de la Garonne est une bonne idée mais elle doit être originale pour marquer l ‘identité bordelaise (forme de bouteille de vin, tire bouchon…max 80 étages)
    La tour devrait être accompagnée d’un bâtiment culturel tout aussi original pour marquer la modernité du quartier. Les 2 autres tours prévues de part et d’autre du pont du guilt devront se répondre (à la même architecture max 50 étages).
    Quant aux autres immeubles (bureaux, logements, services publics) disposés en lanières perpendiculaires, je les trouve absurde car amenant vers les voies de chemin de fer ou la voirie et dieu sait si elles sont impénétrables!!! Je proposerai plutôt des plots carrés, ronds, triangulaires a R+5 qui composeraient un puzzle ouvert avec un mail piétonnier qui mène de la gare au “croissant”. D’ailleurs, Là aussi un geste architectural serait le bienvenu… Les espaces verts mettent en valeur l’estey et l’ouverture dans le triangle d’Armagniac est intéressante car le quartier aura besoin d’un poumon vert ! A Floirac également des plots du même genre pourraient voir le jour en même temps que des logements HQE en front de Garonne à proximité du futur Arena. L’ouverture d’un TCSP (type métro aérien et souterrain)très performant pour desservir Arena, la gare et le nouveau centre d’affaires, l’hypercentre par les cours et Meriadeck est indispensable à l’augmentation des flux engendrés par cette mutation urbaine.

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