« Euratlantique »… Que restera-t-il de Belcier ?

13:08 Dossier : LGV et pôle d'affaires

Élevé au rang de projet majeur pendant la dernière campagne des municipales, « Euratlantique » est-il un fantasme ou un projet qui patauge dans la confusion ?

    > L'étude d'urbanisme du cabinet TGT se veut un projet urbain (crédit TGT)
> L’étude TGT se veut une réflexion sur un pôle urbain (crédit TGT)

Rien ne se passe depuis que le projet de quartier d’affaires autour de la gare « Euratlantique » a été promu O.I.N, (Opération d’Intérêt National) par Jean-Louis Borloo en septembre dernier. D’ici la fin de l’année, l’établissement public d’aménagement, qui mettra en œuvre le projet, devrait être créé. La nomination de son directeur devrait suivre sous peu. Mais sur l’aspect et la forme du projet, c’est confusion et informations contradictoires à tous les étages.

Pharaonique
Les surfaces annoncées par les différentes études, commanditées par les collectivités, sur le quartier d’affaires vont du simple au triple. 160 000 m² de bureaux pour les urbanistes de TGT (Treuttel Garcias Treuttel), 200 000 m² pour Ernst et Young et son étude d’attractivité économique et jusqu’à 500 000 m² par la mission Rol-Tanguy pour le ministère de l’équipement. Quand on sait que la mairie table sur un emploi pour 10 à 12 m² de bureaux, les prévisions vont donc de 7 000 à 50 000 emplois. On a connu plus précis !

Mais pour le moment, Euratlantique n’est qu’un vague projet dans les cartons, servi par un discours d’autant plus consensuel qu’il est imprécis. « Nous cherchons à créer un pôle tertiaire du XXIe siècle en gardant l’identité du site, avec la passerelle Saint-Jean et le patrimoine existant », explique Virginie Rooryck Llorens, urbaniste à la Direction générale de l’aménagement (DGAU) à la mairie de Bordeaux. Qu’entendre par « XXIe siècle » ? La mairie dégaine son argument massue : le développement durable. « Les énergies renouvelables sont au centre de notre projet. »

Chimérique
Et en fait, sur ce projet, la mairie navigue à vue. « Le plus compliqué à gérer, c’est qu’il n’y a aucune réalité du projet », reconnaît l’urbaniste. Pourtant, un document de préconisations existe bel et bien à la CUB. Et il montre clairement que le quartier  Belcier est le grand oublié de ce réaménagement urbain. Si les quais, la gare et les îlots Saint-Jean et Armagnac vont être réaménagés, Belcier sera laissé tel quel. La mairie se justifie : « Nous voulons laisser le quartier muter tout seul, en fonction de l’attractivité. Il s’agit de préserver les logements individuels et de maintenir le tissu social existant. »

> En orange, les sites pressentis pour accueillir le centre d'affaires (crédit CUB)
> En orange, les sites pressentis pour accueillir le centre d’affaires (crédit CUB)

Utopique
En fait Belcier risque fort de se transformer en une enclave au beau milieu du futur quartier d’affaires. Une boucle de circulation pourrait l’entourer grâce au nouveau pont Jean-Jacques Bosc prévu à l’horizon 2016-2017. La mairie, elle, est loin d’être choquée par la situation. Mieux, elle l’assume.  « Belcier, c’est un peu un village gaulois qui peut rester tel quel. » Les habitants du quartier seraient donc cernés par 70 000 m² de bureaux sortis de terre avant 2015 et l’arrivée de la LGV.

Les riverains seront aux premières loges pour observer ce bouleversement. A défaut d’y avoir été associés.

Jonathan Lange et Jean-Christophe Wasner

La LGV mode d’emploi, c’est ici.

Retrouvez ici l’historique du projet Euratlantique.

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