PC et PS peinent à mobiliser les habitants

21:29 Dossier : LGV et pôle d'affaires


Les habitants du quartier soucieux mais à l'écoute
> Les habitants du quartier soucieux mais à l’écoute. (Photo G.L.)

Des deux côtés de la gare, les habitants qui participent aux réunions d’information sur les mutations urbaines du quartier sont inquiets. Submergés d’interrogations sans réponse, ils craignent la noyade.

18 h 45, jeudi 20 novembre, salle Son Tay. Vincent Maurin, élu communiste à la mairie de Bordeaux, est en retard à la réunion d’information qu’il a lui-même organisée. Elle débutera sans lui. A l’ordre du jour : la LGV et ses conséquences sur le quartier. Quinze riverains forment un cercle, assis sur des chaises dans une salle trop grande pour eux. En attendant l’adjoint au maire, Jackie Le Floc’h lance la réunion. Elue à la Cub, elle expose le projet LGV et met les choses au clair : les communistes ne s’y opposent pas. « Il est incontournable », lance-t-elle. Sa préoccupation ? Le devenir des habitants. Le faible auditoire est attentif. Marc Trély, le gérant du bar Le Kilian, prend la parole avec aisance. Son sentiment est clair. « A Belcier, on récupère tout ce que le maire ne veut pas de l’autre côté de la gare. » Du côté où la LGV ne posera pas de problèmes de stationnement.

Tracts

Comme Marc, tout le monde se sent concerné et préoccupé. Un homme d’une quarantaine d’années baisse les bras et se confie : « Je songe à vendre ma maison. » Enjeux, points positifs et négatifs. Chacun s’informe, cherche puis trouve des pistes de solutions. La réunion prend des allures d’atelier de quartier. « On est tous d’accord, jeudi prochain on se retrouve chez toi, Marc, au Kilian, et on réfléchit à un tract d’information. » Ce bout de papier a son importance. Il doit interpeler les habitants du quartier, trop rares à s’investir, mais aussi l’ensemble des Bordelais. « Sollicitons l’attention de tous, on a besoin de leur aide pour faire pression et faire reconnaître les droits des riverains. » Si les Bordelais se sentent à leur tour concernés par ce quartier isolé du reste de la ville, « nous pourrons peut-être obtenir des réponses concrètes et améliorer notre sort ».
Ça suffit pour ce soir. Les participants se saluent et arrêtent la date de l’« atelier tract ». Rendez-vous jeudi 27 novembre au Kilian.

Pétitions

Quatre jours plus tard, à 19 h 15, le conseiller municipal socialiste Jacques Respaud est en avance. Ce soir, c’est son tour. Il organise sa propre réunion d’informations au bar La Petite Villette, cours de la Marne. Objectif de la soirée : imposer la population dans le débat annoncé comme “citoyen”. Le bistrot se remplit petit à petit. A l’aide d’une photo satellite, Jacques Respaud situe les travaux. Rapidement, la vingtaine d’habitants présents pose les premières questions. « Qui décide ? », « qui paie ? », « pourquoi nous considérer comme une réserve d’indiens ? », « pourquoi sert-on de cobayes ? »
Ici, pas question d’imaginer un tract. On parle plutôt de pétition, de courrier. “Soutenez le comité de défense des Indiens”. « Ça pourrait être notre première requête », lance le conseiller municipal. Souvent coupé par les questions de son public, il peine à aller au bout de sa démonstration. Pollution, sécurité, circulation, logement, les préoccupations des habitants dépassent le projet de la LGV. Et la réunion d’informations se transforme en conseil de quartier.

Gwladys Lescouzères

A lire également : Les commerçants et la LGV : je t’aime, moi non plus et Paroles de riverains

Un commentaire
  1. brigand :

    Date: 20 décembre 2008 @ 18:50

    bonsoir, mes félicitations gwladys. super les commentaires gros bisous a bientot tatie mimi

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